L’expérience scandinave


En chemin vers des relations adulte-enfant saines et constructives

 

 

Il est peut-être plus vrai maintenant que jamais que la façon dont nous traitons nos enfants soit décisive pour l’avenir du monde. La masse de documentation a atteint un point tel que nous ne pouvons pas espérer pouvoir maintenir plus longtemps notre double jeu envers les enfants et les jeunes. À long terme nous ne pouvons pas nous en tirer en prêchant d’un côté l’écologie, l’humanité et la non-violence et en traitant de l’autre nos enfants et nos jeunes avec violence dans le sens fondamental du mot.

Depuis un certain nombre d’années, j’ai eu le privilège de voyager et de travailler dans le cadre de cultures différentes, et cela m’a convaincu que l’épanouissement qui s’est instauré dans la relation enfant/adulte dans les pays scandinaves servira de modèle sur les points essentiels à un épanouissement dans les autres pays. Ce qui, pour les gens qui visitent ces pays, peut, à première vue, sembler être inconsistance, confusion et impuissance porte en soi le germe de quelque chose qu’on peut seulement décrire comme un saut quantique dans le développement de l’humanité : pour la première fois de l’époque moderne, nous sommes prêts à considérer avec sérieux l’inviolabilité de tout être humain et son droit à son développement personnel depuis un point de départ non dogmatique et non autoritaire.

Pour la première fois nous avons de bonnes raisons de croire que la liberté existentielle de tout être humain ne constitue pas une menace pour la vie commune, mais a peut-être au contraire une importance vitale pour la pérennité de la bonne santé de cette vie commune.

La relation adulte-enfant se joue dans beaucoup de registres différents. Il y a de grandes différences entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud, les États-Unis et les récents pays de l’Est ; à l’intérieur même de chaque pays, il y a aussi des différences marquantes d’une région à l’autre. La culture de chaque pays, son histoire politique et son appartenance religieuse jouent naturellement un grand rôle pour la connaissance de soi de sa population et pour ce que les étrangers observent. Nous entendons des immigrés danois dire qu’ils ne souhaitent pas que leurs enfants deviennent semblables aux enfants danois. Et en tant que Danois nous pouvons facilement nous indigner quand nous voyons des Européens du Sud avoir des rapports physiques violents avec leurs enfants.

Au fur et à mesure que surtout les États-Unis et les pays européens, soit sont déjà devenus, soit deviendront bientôt des sociétés multiethniques et multinationales, je pense qu’il est important de pouvoir regarder au delà des façades des diverses méthodes éducatives. La signification sociale de la famille diffère d’une culture à l’autre, mais sa signification existentielle est selon mon expérience partout la même. La joie donnée par une interaction saine et constructive est la même, même si son expression est différente, et c’est pareil pour la souffrance causée par des relations destructrices.

Jesper Juul

Regarde... ton enfant est compétent, Extrait de l'introduction

Un message clair – Une prise de conscience au niveau de la société

 « Les enfants doivent être traités dans le respect de leur personne et de leur individualité et ne peuvent être soumis à aucun châtiment corporel ou à tout autre traitement humiliant. »

La Suède a interdit, par le biais de cette mention dans le Code de la parentalité et de tutelle, toute forme de violence envers les enfants en 1979. La Finlande l’a fait en 1983, la Norvège en 1987, le Danemark en 1997 et l’Islande en 2003.

À ce jour, 52 pays, dont 30 en Europe, ont aboli les châtiments corporels. La France en supprimant le « droit de correction » fin décembre 2016 est le 52ème pays à le faire.

À lire : Une bonne nouvelle pour les enfants

Fessée : la France mérite des claques


Le droit de l’enfant d’être protégé contre toutes les formes de violence

L’article 19 de la Convention relative aux droits de l’enfant, signée par la France, invite :

« les États parties [à prendre] toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d’exploitation, y compris la violence sexuelle, pendant qu’il est sous la garde de ses parents ou de l’un d’eux, de son ou ses représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est confié. »

Parce que « l’ampleur et l’intensité de la violence exercée sur les enfants [à travers le monde] sont alarmantes », et pour « mettre un terme […] à ces pratiques qui compromettent le développement des enfants et les potentialités de résolution non-violente des conflits entre les sociétés », le Comité des droits de l’enfant appelle les États à « renforcer massivement et étendre les mesures qui pourraient mettre fin à la violence ».

Le Comité a publié, à cet effet, début 2011, l’Observation générale n°13, un document d’une grande clarté et porteur d’espoir.

Si j’aurais su… je serais né en Suède !

En 1974, la société suédoise a fait le choix du congé parental long et rémunéré. En 1979, le parlement suédois vote l’interdiction des châtiments corporels envers les enfants. Qu’en est-il aujourd’hui de cette société qui a fait le choix de placer l’enfant au centre de ses préoccupations ?

Marion Cuerq, jeune femme française, installée à Stockholm depuis 2011, nous offre par le biais d’un documentaire qu’elle a elle-même entièrement réalisé, un regard personnel et plein d’humilité sur cette société.

« À long terme nous ne pouvons pas nous en tirer en prêchant d’un côté l’écologie, l’humanité et la non-violence et en traitant de l’autre nos enfants et nos jeunes avec violence dans le sens fondamental du mot. »

Jesper Juul

Lettre d'information

Abonnez-vous pour être tenu(e) au courant de l'actualité du Familylab France !

Vous êtes maintenant inscrit(e) !