2018, l’année où la fessée sera interdite en France ?

En 2016, les députés de l’Assemblée nationale avaient voté le projet de loi égalité et citoyenneté. Un amendement prévoyait d’inscrire dans le code civil l’exclusion de « tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles. »  Le Conseil constitutionnel avait malheureusement censuré ensuite cet amendement, sur la forme avant tout. Une manière de dire « Même pas mal ! » et de confirmer le déni de ces violences.

Depuis, un collectif d’associations, auquel s’est joint Familylab, oeuvre auprès des élus pour déposer une nouvelle proposition de loi visant à enfin protéger les enfants de toutes les formes de violence. C’est chose faite depuis le 21 février dernier. En effet, une nouvelle proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale. Elle prévoit d’inscrire à l’article 371-3 du code civil que « les enfants ont le droit à une éducation sans violence. Aucun des titulaires de l’autorité parentale n’a le droit d’user de violence physique, d’infliger des punitions corporelles ou châtiments corporels, des souffrances morales, ou toute autre forme d’humiliation envers son enfant. »

Elle est co-signée par 29 députés et soutenue par la Ministre de la Santé. Il semblerait donc que les jours de la fessée en France soient comptés… Les châtiments corporels interdits, la France deviendrait ainsi le 54ème pays au monde à abolir les violences éducatives, mettant de fait sa législation en accord avec la Convention des droits de l’enfant. À suivre dans les mois qui viennent…

Au sein du Familylab, en France comme dans les autres pays où il est présent, nous oeuvrons en faveur de relations saines, durablement constructives et exemptes de violences envers les enfants comme envers les adultes, tant dans les familles que dans les institutions éducatives et scolaires. Nous agissons pour qu’une culture du respect réciproque, du dialogue et de l’empathie s’installe. Nous nous appuyons sur la pensée novatrice de l’auteur et thérapeute familial danois, Jesper Juul, et sur l’expérience des pays nordiques qui furent les premiers à interdire toute forme de violence physique et psychologique envers les enfants. Nous nous appuyons aussi sur les ouvrages d’Alice Miller et Olivier Maurel qui aborde en profondeur la question de la violence éducative ordinaire et de ses conséquences sur la santé. Nous nous appuyons aussi sur les apports de la psychologie moderne et des neurosciences, notamment les ouvrages de Catherine Gueguen et Muriel Salmona.

Si comme nous, vous souhaitez, en tant que professionnel, accompagner les parents sur ce chemin intérieur et dans ce changement de paradigme « de l’obéissance à la responsabilité », rejoignez le réseau d’animateurs en participant au séminaire intensif Familylab.

Campagne de sensibilisation aux violences éducatives

 

« Parce que crier, frapper, faire du chantage, pincer, gifler, tirer les cheveux ou les oreilles, humilier, donner une fessée, punir, priver, minimiser ses émotions, insulter… c’est marquer son enfant pour longtemps. Parce que les violences éducatives sont encore majoritairement considérées comme légitimes par les Français, alors que les preuves scientifiques des répercussions médicales et sociales de ces violences s’accumulent. »

Fondation pour l’Enfance

 

Alice Miller

Une oeuvre consacrée à la violence éducative et ses méfaits

Alice Miller (1923-2010), psychologue et chercheur sur l’enfance, s’est intéressée tout au long de sa vie à la violence utilisée à l’encontre des enfants et à ses conséquences sur le développement et la santé des individus. Elle a écrit de nombreux articles, ouvrages et tracts sur le thème de la violence éducative qui tous visent à faire sortir du déni de la violence et à faire reconnaitre ses méfaits.

« L’enfant a un besoin inné d’être pris au sérieux et considéré pour ce qu’il est. « Ce qu’il est » signifie : ses sentiments, ses sensations et leur expression, et ce dès le stade du nourrisson. » Alice Miller

Le site Abus et maltraitance de l’enfant qui est dédié à son travail est une mine d’informations et de témoignages bouleversants sur le sujet.

Olivier Maurel

Des livres et l’Observatoire de la violence éducative ordinaire

Olivier Maurel, professeur de lettres à la retraite, s’est depuis longtemps intéressé à comprendre les causes de la violence. Inspiré par les ouvrages d’Alice Miller, il a fait de nombreuses recherches sur la violence éducative, son usage à travers le monde, ses conséquences sur l’individu et la société. Il a écrit de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur le sujet, notamment : La fessée – Questions sur la violence éducative Oui, la nature humaine est bonne ! – Ou comment la violence éducative ordinaire la pervertit depuis des millénaires La Violence éducative – Un trou noir dans les sciences humaines.

Il est fondateur et président de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire, association qui a pour objet de sensibiliser sur les méfaits de la pratique de la violence éducative ordinaire, c’est-à-dire des diverses formes de violence utilisées quotidiennement dans les familles, les écoles, les institutions et dans toute la société pour éduquer les enfants.

« Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes quand ils n’ont pas été respectés dans leur enfance, c’est par le respect des enfants et des bases de la paix dont ils sont porteurs qu’on rendra la paix possible. » Olivier Maurel

Muriel Salmona

Mémoire traumatique et victimologie

Muriel Salmona, psychiatre et psychothérapeute, est fondatrice et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie. Elle a une grande expérience clinique auprès de victimes de violences, en particulier des femmes et filles victimes de violences verbales, physiques, psychologiques et sexuelles. Elle a menée de nombreuses recherches qui lui ont permis de mettre à jour les mécanismes psychologiques et neurobiologiques qui se mettent en place lors du traumatisme. Elle présente tout cela dans Le livre noir des violences sexuelles.

Muriel Salmona souligne l’importance de la lutte contre toutes les violences et toutes les discriminations. Les violences ne sont pas une fatalité, elles se développent surtout dans un contexte de violences déjà subies auparavant (que ce soit chez les auteurs ou chez les victimes) et sur un terrain d’inégalités et de discriminations qui les rendent possibles. Elle travaille également à sensibiliser et former les professionnels de la santé pour une meilleure prise en charge des victimes de violences.

Les violences faites aux enfants, les conséquences à court, moyen et long terme sur leur santé psychique et physique sont catastrophiques ; et les conséquences sociales à long terme sont catastrophiques également, car elles constituent le départ d’un véritable cycle de la violence. Muriel Salmona

À découvrir et diffuser largement, une brochure d’information sur les violences à destination des jeunes.

« Un enfant blessé dans son intégrité ne cesse pas d’aimer ses parents, il cesse de s’aimer lui-même. »

Jesper Juul

Lettre d'information

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